Fiat lux

Il ne fait rien comme on le lui a dit. Pourtant, tout le monde lui a affirmé qu’il faut voir pour le croire. C’est plus que nécessaire, c’est la nécessité même : l’exigence de la vie, celle d’une vie stable, d’une vie saine, d’une vie sociale. Il faut voir pour le croire.

Il ne fait rien comme on le lui a dit. Pourtant, tout le monde lui a affirmé qu’il faut croire ce que l’on voit. C’est plus que nécessaire, c’est la nécessité même : l’exigence de la vie, celle d’une vie stable, d’une vie saine, d’une vie sociale.

C’est pourtant simple : il faut voir pour le croire et il faut croire ce que l’on voit.

– « Est-ce que tu crois ce que tu vois ? »
– « Est-ce que tu vois pour le croire ? »

Doux, il s’entête. Et sans faire n’importe quoi, sans prétendre à ne rien comprendre, il se met à refaire le contraire. Mais le contraire de quoi ? Comme à chaque brindille, comme à chaque étoile, comme à chaque regard, il refuse les évidences : fou, il s’obstine. Il s’obstine à voir ce qu’il croit.

A voir ce qu’il croit.
Voir ce qu’il croit.
Voir à croire.

– « Quel risque ! » crient-ils -tous ceux qui lui avait affirmé qu’il faut croire ce que l’on voit.
– « Et si, à ta vie, ta croyance n’était pas jolie, et si, à ta vie, ta croyance n’était pas joyeuse, ta vie sera laide et triste. Tu n’auras pas confiance en toi, si tu vois des échecs ; tu n’auras pas de plaisir, si tu vois tes faiblesses. Les échecs et les faiblesses sont de la vie, de ta vie, ils te détruisent certes, ils te dépersonnalisent certes, mais ils t’invoquent sans cesse sur ton chemin. Tu vois, c’est la vie. »

Certes, croire, ce n’est pas la crédulité : croire, c’est la confiance. Mais la confiance, ce n’est déjà plus la croyance.

Et, doux, il s’entête. Et sans faire n’importe quoi, sans prétendre à ne rien comprendre, il se remet à refaire le contraire. Et le contraire de quoi ? Comme à chaque brindille, comme à chaque étoile, comme à chaque regard, il refuse les évidences : fou, il s’obstine. Il s’obstine à voir ce qu’il croit.

Et du monde, tout le monde change. Et du monde, tout le monde change. Ainsi, les ombres portées ne sont plus étrangères, les ombres dansent – la peur oubliée, les ombres ne sont que des ombres portées. Maître de sa propre lumière, ses échecs deviennent des propos et non plus des échelles descendantes. Maître de sa propre lumière, les faiblesses deviennent des éléments à incorporer.

Et le tangible chancelle quand sa foi s’enracine. Maître de sa propre lumière, il projette l’ombre portée de sa foi et la réalité devient enfin sa réalité. Et la réalité s’incarne en sa foi. Et les ombres rétrécissent car la réalité s’incarne dans ses intentions.

Il s’obstine à voir ce qu’il croit.

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